Le symbolisme correspond à une réaction contre le matérialisme scientiste, dont la forme littéraire triomphante au XIXème siècle est le naturalisme : celui-ci est accusé de ne proposer qu'une vision mécaniste de l'homme
et de l'univers, enclose dans une description objective.
Pour les symbolistes, notre monde n'est pas réductible à la matière. Il est d'abord fait des représentations que nous en avons, des signes dont nous le jalonnons.
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Jean Moréas définit ce courant ainsi :
"Ennemi de l'enseignement, la déclamation, la fausse sensibilité, la description objective, la poésie symbolique cherche à vêtir l'Idée d'une forme sensible... ".
Les poètes symbolistes teintent leurs œuvres d'intentions métaphysiques, de mystère, voire de mysticisme.
Le sujet a désormais de moins en moins d'importance, il n'est qu'un prétexte. Plusieurs artistes s'amusent à transposer une image concrète dans une réalité abstraite.
"La Poésie est l'expression, par le langage humain ramené à son rythme essentiel, du sens mystérieux des aspects de l'existence".
Ces lignes de Mallarmé assignent à la Poésie une mission qui dépasse très largement la littérature : le Poète n'est pas celui qui nomme ou qui décrit, il est l'intermédiaire entre les hommes et les secrets de l'Univers. Son évocation de "mystères" par le pouvoir
du symbole fait de lui le guide
inspiré qui indique, au-delà du présent, les chemins d'une véritable morale.
Ainsi sur le plan poétique, trois préférences définissent l'esprit symboliste :
la préférence donnée à l'idée et au signe sur le réel ou la matière ; celle de la suggestion sur la représentation ; celle enfin donnée à la musique ou à l'harmonie sur la forme en tant que telle.
Le signe et le signifié, le symbole et le réel y vivent d'une même et indissociable unité.
Ici l'âme se fond dans le décor, là le paysage tout entier investit les profondeurs du coeur sans que l'on sache lequel des deux, de l'impersonnelle sensation ou de la suggestion descriptive, est métaphore de l'autre.
L'esthétique y est parfois libérée des obsessions du vers et de la forme en général.
La mission du poète comme le décrit Mallarmé est de faire "figurer" l'absolu des choses dans un espace lui-même "épuré" des mots et des vers.
Le symbole coïncide encore chez lui avec la définition qu'il donnait de l'acte poétique :
"La merveille de transposer un fait de nature en sa presque disparition vibratoire selon le jeu de la parole ".
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Principaux thèmes : l'impalpable, les angoisses du Moi, l'image de la femme, la décadence, le sentiment religieux, la nature,
le mystère, le rêve