Après la Révolution ratée de 1848, après vingt-cinq de Romantisme, les écrivains sont de plus en plus nombreux à sentir les limites des épanchements sentimentaux. Le lyrisme de Musset ou de Lamartine
apparaît à la fois impudique et usé. De là la nécessité pour certains romanciers comme Flaubert de se frotter à la réalité quitte à ce que cela rogne les ailes à l'imagination ; de là aussi le goût de plusieurs
jeunes poètes pour un art impersonnel, formellement parfait et dont la froideur n'est pas un défaut mais au contraire un gage de beauté. C'est de ce contexte qu'est né le Parnasse.
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Ce mouvement réhabilite le travail acharné et minutieux de l'artiste (par opposition à l'inspiration immédiate du romantisme) et il utilise souvent la métaphore de la sculpture pour indiquer la résistance de la
matière poétique. Loin de l'engagement social des Romantiques, ils se prononcent enfin pour une retraite hautaine, tout entière vouée à la célébration d'une Beauté divinisée. Ces tendances se prolongeront dans le Symbolisme.
"Sculpte, lime, cisèle, que ton rêve flottant, se scelle dans le bloc résistant !" (T. Gautier)
De "l'art pour l'art" : la continuité se fait dans un même primat accordé à la forme sur toute idée de message ou de confidence, et dans le même souci de travailler cette forme jusqu'à sa perfection. Le mouvement se nourrit
cependant de l'apport de tout le courant de pensée positiviste.
Tous en revanche s'accordent à penser que l'émotion doit se soumettre à la loi de la forme, elle-même comprise comme exigence du Beau. Là encore le Parnasse est en réaction contre un romantisme qu'il accuse d'avoir oublié,
comme le dira Leconte de Lisle : "la moralité d'une oeuvre d'art c'est sa beauté". Aussi verra-t-on les Parnassiens s'atteler, à l'expression d'une Beauté absolue, transcendante, dans la perfection et l'évidence d'une forme idéale.
Autour de 1870, les avancées de Rimbaud, Verlaine, Mallarmé annoncent le Symbolisme.