Ce thème est noir, certes et c'est justement pour cette raison qu'il m'intéresse. La mort en rime est plus acceptable.
La poésie sublime tant les jolies choses que les plus ignobles. Ce thème de la mort est très présent dans mes écrits mais
ne reflète en rien un état d'esprit morbide. La vie n'est pas faite que de blanc et de rose...pour grandir, apprendre, aimer et créer
il faut accepter le noir des choses, du monde et en soi, nos élans de vie comme notre venin !
Vide de l'esprit
Au corps émacié
L'œil se jette
Dans la nuit
Et l'os est brisé.
La lune assassine
les cœurs perdus
La terre accueille
les corps déchus
Le vent promène
le cri du mort.
11.1999
Je me noie à la lumière du jour qui s'enfuit
Soupire cette fois ultime où le ciel a une couleur
Et m'évapore en poussière balayée par le vent
Je pars à la lune, à la terre qui se meurt.
03.2005
Les feuilles mortes à la pluie d'automne
Chantent ce refrain à ma vie monotone
Et tous les arbres nus au vent frais
Pleurent le ciel gris à mes yeux défaits.
Et je danse mon cri à l'oiseau absent
Mes mouvements mélés en mon sang
Et je murmure en tremblant les silences amers
Qui hantent furieux les dessins de ma chair.
Et je m'endors brùlante aux bras du crépuscule
Le corps noir de mes ombres qui se bousculent
Les feuilles mortes à la pluie d'automne
Hurlent ce refrain à ma vie qui m'abandonne.
05.2005
La nuit est claire telle la lune et sa fluorescence
La brume caresse le ciel et la cime des arbres
Un doux parfum embaume la terre de sa transparence
Des rochers dominent et brillent tels du marbre
La nuit est si belle…
Je suis allongée là, tranquille dans l'herbe fraîche
Je regarde les étoiles, je suis si libre et si légère ici
Des oiseaux chantent au loin, j'ai la gorge sèche
Veines ouvertes je laisse sur la terre s'écouler ma vie
12.2004
Silencieusement, je danse sous la lune
Eparpillant ainsi de mes mouvements
Les poussières, les étoiles et la brume
Pour appeler la pluie qui lavera mon sang.
Mon corps se pare de transparence
Un vent léger emmêle mes cheveux
Et l'eau dans une étrange violence
Pénètre ma chair et en noie tous ses nœuds.
Je m'éveille à l'aube rougeoyante
Embrassant la rosée et ses parfums
Mon être est faible, mes pensées s'évaporent
Et dans un ultime soupir je me rendors
Léguant à la terre mes maux et mon dessein
Laissant à jamais mon âme ainsi errante.
03.2005
Je m'en vais sereine aux Parques impatientes
Empruntant le sanctuaire si joliment hostile
Et d'un regard discret, la démarche élégante
Je quitte écoeurée cette existence immobile.
L'heure est venue de la désunion du corps
Impression si étrange de toute-puissance
Et le pas lourd à travers le lumineux décor
Je pars décidée vêtue de transparence.
Ma tête est vide et prête au sacrifice
Pour un autre envol, une poésie sans brume
Mes secrets au ciel et mon cœur de lys
Je répands derrière moi la dernière amertume.
03.2001
Je traverse la nuit, cet asile de souffrance
Les yeux sans couleur et la pluie qui s'en mêle
Et mon corps en regret vide et sans jouissance
Traîne le néant qui le guette sur les chemins cruels.
Les rues s'éteignent tristes et sans mystère
Comme mon cœur en éclat et en sang
Parmi les bruits informes et sans lumière
Je marche loin les membres secs et écœurants.
Dans un miroir d'eau, lasse, je jette un œil
Se reflète une chose que je ne reconnais pas
Créature malade au teint blanc et qui cueille
Des étincelles d'étoiles en désespoir de joie.
Transparente déjà, je n'ai plus qu'un désir
Je pose ma chair sur un tapis de mousse
Et me demandant est-ce que je vais souffrir
Une lame luisante transperce la nuit douce.
Sublimes les couleurs nocturnes s'aquarellent
La tête lourde et amère tombe noyée de silence
Et je pars, légère, peut-être au fond du ciel
D'un grand vertige, vers le marbre et l'élégance.
Et mon vide coule sur la terre en sueur
Et lentement le corps et l'esprit meurent.
02.2001
Le dernier rêve.
Le corps en a-t-il fini avec son hémorragie du silence ?
Et le vent nous mènerait jusqu'à la transparence de l'épuisement
J'ouvrais mes veines et je dansais dans la nuit
Les yeux un instant fermés, elle attendait l'appel du vertige dans l'impossible étreinte du ciel
Mélange étourdissant d'éden et de peine réelle
Le regard de la douleur sous le verre aveuglant des larmes
Elle n'était que cœur battant, force dénouée en fumée qui emporte le corps
Elle vit sa chute comme un puit au fond lointain
L'ombre qui préparait l'épaisseur de l'oubli
La rue qui tourne, penche et brille
Une feuille dont on ne sait quel arbre tournoie
Le corps se déplie
Elle jaillit… toute la nuit s'efface
Une large marque rouge apparaît sur son front
Le sang coule
Ainsi elle accomplit le dernier rêve
Dormir d'un sommeil invisible
De naêtre à mourir, d'une rive à l'autre, l'œil brille moins longtemps que l'eau.
Elle s'est envolée dans l'autre monde…
1998
Poème réalisé avec des vers tirés d'une dizaine d'auteurs contemporains pour un concours ;
aucun mot n'est de moi, mon travail a été de sélectionner des vers sur un thème commun et de les
organiser afin d'écrire un poème.