...Parce qu'en chacun de nous se terre loin dans nos entrailles un autre être vil et cruel; il se tait souvent, il surgit parfois...
MONSTRE INTERIEUR
Au matin de l'automne, sous les arbres rougeoyants
Je sens mon corps vibrer aux pas d'un invisible
Toute ma terre frissonne en un murmure terrible
Et mon ciel se décompose à la fraîcheur du levant.
Je retiens mon souffle, serre les dents, ferme les yeux
Je pleurs, j'ai peur, je tremble, je crie, je saigne
Il envahit ma chair et me boit de tout son règne
Il aspire ma sève et en recrache mon venimeux.
Toute ma peau tremble et ruisselle de sueur
Je m'évapore au mal brûlant que je vomis
Et dans un semblant d'éclat, dans un dernier cri
Je me résigne et accueille ce monstre intérieur…
03.09.2008
Accoudée au comptoir en mon rhum perdue
Je fixe hébétée le liquide divaguant
Aux vibrations d'une musique qui m'exténue
Et je m'évapore loin en des fluides obscurs
Traînant mes chairs au bord du monde
Je mélange tous les bruits à mes murmures
Mon œil est las de la lumière
Mon corps se vide au gré de ma soif
Mes sens s'éparpillent au fil des verres
Tout mon être me devient invisible
Une flaque de moi coule sur le zinc
Et je m'évanouis dans une torpeur indicible.
19.04.07-18.05.09
A l'étoile brillante j'ai soufflé mon sang noir
Toutes les grimaces et les mots qui font mal
Et peut-être qu'à l'aube renaîtra l'espoir
De guérir de la haine et de cet esprit sale
01.2005
Au-delà du jour empéché
Je marcherai à contrevent
Dans la boue de l'air éclaté
Sur le cri de le terre en sang
Je ranimerai les feux éteints
Je rebâtirai les eaux brûlées
Et la nuit, au creux de nos mains
Sera fière de mon combat gagné.
12.1999
Corps de soie
Cœur de pierre
Je ne sais plus la joie
Je ne sais que l'enfer
08.2000
A mes larmes violentes
Qui soulagent la peine
A la nuit ma confidente
Je dédie toute ma haine.
J'ai peur du sombre qui m'envahit
Ouvre la terrible boîte de pandore
Et danse et crie dans ma tête
Et jamais n'arrète le venin.
Alors je crache au ciel et à la lune
Les non-dits qui m'écorchent et ma parano
Ange le jour, démon la nuit
Je me dédouble et pleurs.
Il est si dur de s'apercevoir
Que je peux être cruelle.
01.2006
J'ai au fond du ventre une terrible angoisse
Un nœud si bien lié que rien ne l'apaise
Une sensation si puissante de malaise
Que tout en mon être du mal se froisse
Je me sens tendue à m'en rompre les os
Tous mes muscles durcis ne sont que douleur
Mes mains se glacent et traînent leurs heurts
Et mes sens se confondent en un vrai chaos
Ma pensée s'obsessionnelle et s'anéantie
Mes yeux hurlent des larmes armées
Ma chair s'essouffle à l'ombre déclarée
Mon être tout entier participe au conflit
Et mon sang et mon air en mon corps décroissent
J'ai au fond du cœur une morbide angoisse
11.2005
Je voudrais être hier
Pour effacer l'erreur
Je voudrais être tonnerre
Pour oublier ma peur.
D'une lumière sans clarté
J'ai perdu tous mes rêves
De mes plaies enflammées
S'est vidée toute ma sève.
Par mes pétales de nuit
Je cherche mon chemin
Par mon visage de pluie
Je cherche mon destin.
Mon corps au désespoir
Se mire au fond du gouffre
Mon cœur d'or noir
Se mire aussi et souffre.
Et c'est de mes grands yeux
Que coulera une larme
Et c'est à petit feu
Qu'elle détruira mon âme…
09.1997
Lune basse, lune grasse
Je jette les mots impurs
Dans la nuit qui grimace.
Je crache le noir overdosé
Les non-dits qui m'écrasent
Et j'accuse ma lâcheté.
Le mal en mot en dedans
Mais le silence plus fort
Assomme l'impertinent.
Et j'obsède mes évidences
A demi dévoilées parfois
Mais toujours avec élégance.
Le venin inoffensif
Se cache empoisonneur
Et j'en ai les nerfs à vif.
Je me tais et me tue
Avec toute ma colère
Je me tue et me tais
Irais-je en enfer ?
06.2003
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