Les catastrophes m'inspirent...Par l'évocation de scènes apocalyptiques j'ai envie de mette en lumière un paradoxe :
le magnifiquement horrible, l'ignoblement beau. La laideur peut être belle dans sa dysharmonie harmonieuse... La nature dans ses plus grands
déchainements peint et sculpte la terre à la manière d'un artiste et peut alors créer un paysage d'un somptueux désordre.
Ce thème de la mort me tient également à coeur parce que pour moi la poésie ne se résume pas aux sentiments d'
amour et aux paysages merveilleux. Le poème peut et doit aussi exprimer des faits graves, morbides, angoissants.
La lune s'arrondit pour bercer en son argent
Le ciel douloureux et ses nuages apeurés.
Plus rien ne luit
Plus rien ne bouge
La nuit s'est arrêtée
Elle regarde son au-delà verser des froides larmes
Impuissante et accusatrice
Les fenêtres se brisent, les portes claquent, les rues se vident,
Le sol tremble, le noir gronde…
La terre s'enfuit,
Nous ferait-elle ses adieux ?
16.05.05-25.07.09
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Au nom de l'aube, du crépuscule
Au nom d'une fin, d'un commencement
J'invoque la terre qui hurle
Et le ciel qui tombe en sang…
A la lune mystère, à l'étoile luminante
Je murmure le chant des mondes
Les sacrifices d'égoïstes intolérantes
Ces croyances combattant leurs ombres…
Je prie le jour, je prie la nuit
Et la danse des siècles désenchantés
Que la pluie lave la haine dans les esprits
Et puisse à jamais un seul dieu exister
12.2000
Les herbes hautes d'une vive couleur
Ondulent au vent de cette douce terreur
Ou peut-être par cette lente attitude
Dessinent-elles leur patiente lassitude
Un soleil auréole d'une belle lumière
Ces vastes vallées aux parfums amers
Constellées d'êtres, happés par le silence
Des corps, détruits par l'évidence
Les herbes hautes d'un rouge sublime
Ondulent au vent de ce doux abîme
Recueillent en leur mousse les endormis
Et bercent tendrement tous leurs cris…
10.2005
Aube haine
L'aube, patiente, attend le remède qui envolera poussière, oubli et la morsure de l'air glacial sur la peau ternie de la terre.
Aux portes des lamentations, le matin décoloré caresse le marbre fuyant des arbres écorchés.
Le vent épicé, danse au miroir des murmures et se blesse au feu obscur des mélusines désenchantées.
Dans l'espérance de la divine guérisseuse, les eaux solitaires ondulent au souvenir de l'or des pétales odorants.
Et les nuages amers pleurent l'opaline agressée en attendant les rayons ambres de l'étoile.
Dans l'impossible étreinte diamantine, le ciel s'ennuie de sa transparence, et la lumière, lasse, s'endort dans les bras du silence.
Et dans son palais de mousseline, l'homme sourd et aveugle viole le pourpre d'un crépuscule, la quiétude d'un arbre, la pureté d'une mer…
03.2000
Au guerre de lune
Les corps tremblent au feu du coeur
Les mains saignent au creux du soir
La terre indélicate crie la nuit oppressée
Les matins secs au jour levant et
Le ciel absent au temps immobile
Larmes ruisselantes sur la peau rocheuse
Le cristal empoisonne le nuage blanc
Le vent casse les perles de sang
Soleil somnambule, lune insomniaque
La sève déracinée fuit les pleurs et
Parfum des âmes putréfiées
Les mots s'envolent au rubis terne
Les flammes sont froides d'indignation
Les rires fous des canons danseurs
Violent le silence possédé du monde et
Les yeux par milliers qui s'éteignent,
Des hommes massacrent des hommes.
12.1999
Le ciel se lamente au crépuscule gris
Il verse ses larmes à la terre assoupie
Les nuages accompagnent le macabre ballet
Et menacent de faire ombre à jamais.
La lune apeurée n'ose pas se montrer
Les étoiles se cachent pour mieux respirer
Les pleurs appellent alors le grand vent
Qui répand sur la terre tous ces tourments.
Et de loin on entend la ville et ses cris
Les hommes en panique et les rues qui s'enfuient
Les sanglots et le vent balaient la terre
Et laissent au matin un paysage de misère.
01.2005
Le jour désespéré s'endort aux larmes du soir.
L'orage au grand ciel fait rage au vent cruel.
Le cristal au bord du ciel pleure sur la terre endormie.