Des artistes qui, de la terre ocre sur les murs des cavernes aux oeuvres les plus contemporaines, redonnent à voir une réalité que chaque spectateur, recompose à sa manière suivant sa sensibilité
et sa culture.
L'art, c'est établir ou inscrire dans la matière et dans l'espace la vision intérieure d'un individu : vision qu'il a du monde réel qui l'entoure, vision de sa vie intime spirituelle, toutes choses qu'il transcende et nous donne à voir.
L'art n'est pas le monde réel. L'art, c'est l'expression de l'imagination. Il n'existe que s'il y a un spectateur qui réagit à l'incitation du créateur.
Finalement, l'art est dans le regard du spectateur.
Ce regard diffère selon les individus, leur caractère, leur éducation, leur culture, leurs tendances propres.
Dès lors, il devient naturel et inévitable que, non seulement chaque société, chaque époque, chaque groupe humain et chaque génération, mais également chaque individu, propose une version différente des
mêmes objets.
L'art existe depuis que l'homme existe même s'il n'a pas toujours été l'objet d'une prise de conscience égale. Il a quelques fois, au cours des âges, été confondu avec la technique de l'artisan en particulier lorsque
l'artiste n'était considéré que comme l'exécutant, la main d'un Dieu-créateur qui lui seul avait le génie. C'est la pensée grecque qui donne à l'art sa première dignité réelle qu'il reperdra au Moyen- Age.
Aujourd'hui, l'art établit une relation qui permet d'englober dans une même interaction, une œuvre, son créateur et le récepteur, le destinataire de cette œuvre (spectateur, auditeur…). Les différentes
formes que peuvent revêtir cette médiation concrétisent certaines relations l'esprit humain et son environnement. Une pensée à la fois consciente et inconsciente, individuelle et collective, un esprit
libre et imaginatif communique avec le monde extérieur.
" Le beau artistique est plus élevé que le beau dans la nature [puisqu'il] dégage des formes illusoires et mensongères de ce monde imparfait et instable la vérité contenue dans les apparences, pour la
doter d'une réalité plus haute créée par l'esprit lui-même. " (Hegel)
Naissance de l'esthétique
++ Au Moyen Âge, la musique conservait un statut scientifique (quadrivium), tandis que l'architecture, l'art des bâtisseurs de cathédrales, et la peinture, représentations des icônes, étaient principalement
dévolus à la religion. Mais très vite la vie sociale y fut insérée, et le portrait vint s'immiscer pour extrapoler les formes de l'art vers des formes de représentation de la vie sociale, en le réservant à des personnages
importants. Depuis, art et société sont fortement liés. L'artiste s'intègre dans des mouvements sociaux, les accompagne, et survit grâce au bon vouloir des riches et des puissants.
++ À partir du XVIIIe siècle, l'art tend à devenir l'ensemble des activités humaines consacrées à la production du beau, l'ensemble des représentations qui expriment la beauté de la nature, la beauté des personnages,
mais révélant aussi la part de transcendance de chacune de ces représentation de la réalité.
C'est en effet à partir du milieu du XVIIIe siècle que se dessine une science autonome de l'art, qui va plus loin que le foisonnement de la représentation, encourageant une réflexion sur le beau et sur la valeur des
représentations artistiques. Cette science de l'esthétique, une des disciplines de la philosophie, atteint sa pleine apogée chez les philosophes de l'esprit des lumières et dans les révolutions phénoménologiques de Kant puis de Hegel.
* Kant estime qu'une œuvre d'art doit fournir un objet sensible, qu'il soit lui-même beau ou laid important peu au final : " la beauté artistique est la belle représentation d'une chose et non la représentation d'une belle chose ".
Cette représentation est selon lui le résultat du libre jeu de nos facultés cognitives.
* Hegel, quant à lui, estime que le but de l'art est de rendre accessible à l'intuition l'esprit universel. Il s'agit de prendre conscience du développement de l'idée universelle et de lui donner une réalité en la retranscrivant
sous forme d'œuvre d'art. La contemplation de l'œuvre, et donc de l'incarnation de l'esprit absolu, s'offre ainsi à l'intuition sensible de l'homme.
* Nietzsche : " l'art doit avant tout embellir la vie, donc nous rendre nous même tolérables aux autres et agréables si possible ". Car, si l'œuvre doit exprimer de la beauté, est-elle pour autant belle à tous les regards ?
Nom des arts au cours des temps
== Dans l'antiquité les arts sont symbolisés par les Muses au nombre de 9 :
* Calliope : la poésie épique * Clio : l'histoire * Érato : la poésie lyrique * Euterpe : la musique * Melpomène : la tragédie * Polymnie : l'art d'écrire et la pantomime * Terpsichore : la danse * Thalie : la comédie * Uranie : l'astronomie
C'est Platon vers 401 av. J.-C., qui fait des Muses les médiatrices entre le dieu et le poète ou tout créateur intellectuel.
== Moyen Âge
Au VIIIe siècle la classification du savoir est différente et on ne distingue pas les arts des sciences.
Les arts libéraux sont au nombre de sept, classés en deux groupes :
* le trivium (les sciences du langage) : rhétorique, grammaire et dialectique
* le quadrivium (les sciences mathématiques) : arithmétique, géométrie, astronomie et musique
Les arts mécaniques (activités manuelles opposées à celles intellectuelles) désignent l'architecture, la sculpture, la peinture et l'orfèvrerie.
== L'époque des Lumières
Plus tard, le terme " beaux-arts " est apparu en 1752 dans l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert et désignait exclusivement les quatre arts qu'on appelle plastiques de nos jours :
architecture, sculpture, peinture et gravure. À noter que l'Académie des Beaux-Arts comporte aujourd'hui huit sections : les quatre beaux-arts classiques, la composition musicale,
le cinéma et l'audiovisuel, la photographie et une section libre.
Hegel, dans son Esthétique (1818-1829), distingue six arts :
Le septième art est une expression proposée en 1919 par Ricciotto Canudo pour désigner l'art cinématographique.
Ricciotto Canudo était un intellectuel italien, installé en France, ami d'Apollinaire, qui fut l'un des premiers critiques de cinéma. Il considérait que le cinéma réalisait la
synthèse des " arts de l'espace " (architecture, peinture et sculpture) et des " arts du temps " (musique et danse).
Il ajouta la poésie comme art fondateur et écrivit Le manifeste des 7 arts qui a consacré l'expression "7e art" pour le cinéma. En 1922, il fonda la Gazette des sept arts qui
est une des premières revues de cinéma.
Tantôt le théâtre (ou " jeu de l'acteur "), tantôt la photographie, la huitième place est assez disputée mais revient en général à la télévision, bien que les professionnels
se réclament peu de cette expression. On pourrait s'accorder à dire que le huitième art est " l'art de la prestation ".
L'expression neuvième art désigne la bande dessinée. En fait, cette expression est due à Maurice de Bévère (Morris) créateur de Lucky Luke et Pierre Vankeer qui animèrent,
trois ans durant au sein du Journal de Spirou une rubrique intitulée Neuvième Art, sous-titrée Musée de la bande dessinée (années 60).
Ont déjà été cités comme dixième art le jeu vidéo ou le jeu de rôle.
On parle aussi d'arts décoratifs, d'art culinaire...